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(Version imprimable du 15/09/2006 12:03)
Depuis déjà quelques années, nombre d’entreprises ont investi, ou s’apprêtent à investir, dans la mise en place d’un logiciel de type ERP. Les grands noms de ce type de logiciels : SAP, JD-Edwards, Peoplesoft, Oracle Applications…, implantés au départ dans les grandes entreprises, rivalisent aujourd’hui d’arguments pour séduire également les PME.
Les Enterprise Resource Planning sont des Progiciels de Gestion Intégrés qui gèrent, comme leur nom le suggère, la planification des ressources de l’entreprise, que celles-ci soient matérielles, humaines ou financières. Pour la plupart des entreprises, en particulier les entreprises de production à vocation internationale, la mise en place d’un logiciel de ce type apparaît aujourd’hui comme incontournable : elle permet de gérer avec sûreté l’évolution des données financières sur les matières premières, les disparités des coûts de production, le maintien optimal des stocks et la maîtrise des délais de livraison dans une politique de production en flux tendu.
Néanmoins, il ressort du retour d’expérience - aujourd’hui important sur la mise en place de ces logiciels - que les entreprises qui l’envisagent doivent s’attendre à y consacrer des ressources relativement importantes, non seulement en achat de licences, mais aussi en temps de déploiement et en mobilisation de ressources internes. Vu l’investissement consenti, particulièrement important en valeur relative pour les entreprises les plus petites, les dirigeants d’entreprises espèrent inconsciemment que l’ERP traite tous leurs besoins, y compris dans le domaine du MES. La phrase « C’est l’ERP qui le fait » ou plutôt « C’est l’ERP qui va le faire », est probablement la phrase la plus prononcée lors de la mise en place d’un ERP dans une PME.
Or pour toutes les fonctions du MES on s’apercevra, souvent quelques mois ou quelques années plus tard, qu’il n’en est rien. Encore aura-t-on généralement dépensé des sommes non négligeables en travaux spécifiques pour « donner à l’ERP » des informations de plus en plus nombreuses qu’il ne saura pas véritablement traiter…
On ne devrait pas en être surpris. L’ERP est un merveilleux outil de planification, de plus en plus réactif, mais planifier et replanifier à l’envi vos fabrications ne vous aidera en rien à les exécuter effectivement, et à réagir instantanément en cas de dérive de cette exécution. De même, saisir et ressaisir inlassablement les quantités produites et mises en stocks ne vous aidera en rien à analyser les causes de non-qualité. Et il en sera ainsi de toutes les fonctions du MES qui, même si elles peuvent porter le même non que des fonctions couvertes par l’ERP, n’ont pas le même objectif : l’ERP vise à optimiser l’entreprise dans son ensemble, et son temps de réaction est celui de l’entreprise dans son contexte commercial, soit au mieux la journée ou la demi-journée ; le MES vise à optimiser l’unité de production, et son temps de réaction est celui de la production elle-même, où chaque minute compte ! Le schéma ci-dessous aide à mieux cerner les domaines et les temps de réaction de l’ERP et du MES.
ERP et MES, Planification et Exécution appartiennent bien à des domaines distincts. Mais ils ont évidemment beaucoup d’informations à échanger. Un des premiers travaux de l’ISA (Instrumentation Standards for Automation – association internationale de standardisation dans le domaine des automatismes) pour la mise en place de la norme S95 a été justement la détermination des données à échanger entre l’ERP (niveau 4) et le MES (niveau 3) (document S95-02).
La S95 identifie par ailleurs clairement le rôle du système apporté par le MES, qui sépare les contraintes commerciales des produits, de leur contraintes de fabrication, donnant à l’entreprise une agilité supplémentaire.
Bien loin d’être concurrents, ERP et MES couvrent deux aspects d’un même objectif : l’optimisation de l’entreprise. Et l’optimisation des unités de production, assurée par le MES, est de plus en plus regardée comme une étape indispensable, sinon préalable, au fonctionnement optimal d’un ERP.
