« La performance des entreprises est aujourd’hui indissociable de leur réactivité en terme de réponse aux marchés, de délai de conception, de prise en compte des normes et des réglementations, de communication ... C’est l’ensemble de ces exigences qui a contribué à l’avènement de l’offre MES. »
club offreurs
(Version imprimable du 15/09/2006 12:03)
« La performance des entreprises est aujourd’hui indissociable de leur réactivité en terme de réponse aux marchés, de délai de conception, de prise en compte des normes et des réglementations, de communication ... C’est l’ensemble de ces exigences qui a contribué à l’avènement de l’offre MES. » (INSA Lyon)
Pour cerner ce qu’est le MES, citons quelques questions que se posent les industriels de la production : De quel fournisseur provenait le colorant utilisé dans ce yaourt refusé par le contrôle qualité ? L’équipe du matin est-elle plus performante que celle de l’après-midi ? La cuve de mélange ayant servi à la préparation des produits du 13/9 avait-elle été lavée ? Combien de points de productivité perdons-nous sur la ligne 4 à cause des réglages ? Avons-vous le temps de passer la promo avant la livraison prévue pour demain matin ? Les opérateurs préfèrent utiliser la machine SESKA pour ce produit, il y a moins de problèmes, mais n’est-on pas perdants au global ? Tous les contrôles qualité de la nouvelle procédure ont-ils été faits ? Qui a acquitté l’alarme moteur pendant la fabrication du 12 ? La balance 1 est toujours en charge, mais la 2 ne l’est que rarement, pourrait-on optimiser leur occupation ? Quelle est la disponibilité réelle de l’atelier en tenant compte de la maintenance préventive ? Cela nous coûte-t-il vraiment plus cher de continuer à utiliser les anciennes lignes ? Autant de questions auxquelles la mise en place d’un MES va permettre de répondre.
Mais tout d’abord, après la CAO, la FAO, la SCM, l’ERP…, que signifie ce nouvel acronyme ? Le MES, terme créé par le MESA au début des années 90, signifie Manufacturing Execution System, que l’on peut traduire en français par « Système d’exécution des fabrications ».
On pourra se reporter au chapitre Domaines d’application du MES pour mieux situer le MES par rapport aux autres domaines de la production.
Le domaine d’application du MES se situe entre les niveaux Contrôle-Commande (niveaux 1 et 2 du CIM), occupé par les automatismes et la supervision, et le niveau Planification (niveau 4 du CIM), occupé par les Progiciels de Gestion Industrielle, comme la GPAO et plus généralement aujourd’hui les logiciels de type ERP. Les différents domaines se distinguent nos seulement par leurs fonctionnalités mais aussi par leurs échelles de temps : alors que la planification travaille au mieux à la journée ou à la demi-journée, le MES devra être capable de réagir dans des durées de quelques minutes.
Le premier mot-clé du MES est Exécution (Manufacturing Execution System). Le MES n’est pas un simple lien entre l’ERP et le contrôle commande, puisqu’il assure l’exécution des fabrications.
L’un des principaux travaux du MESA, association américaine à but non lucratif, a été l’établissement d’une liste plus détaillée de fonctionnalités, connues comme les « 11 fonctions du MES ». Cette classification est d’un grand intérêt pour délimiter clairement le domaine du MES et évaluer la couverture des différentes offres. Pourtant force est de constater que le MES est encore mal connu, et que des écueils freinent dans l’esprit de l’utilisateur son implantation systématique.
Le premier de ces écueils est celui de « L’auberge espagnole ». Dans une auberge espagnole, chacun apporte ce qu’il veut manger. Quand l’installation du MES intervient, par exemple après celle de la supervision et de l’ERP, on tente d’y faire entrer tout ce que l’on n’a pu couvrir, sans pour autant avoir une démarche structurée, alors que l’implantation du MES, comme celle de l’ERP, nécessite ce travail d’analyse. Le second écueil vient, paradoxalement, du succès rencontré par les « 11 fonctionnalités du MES ». Quand on y regarde de plus près, ces onze fonctions se situent parfois à des niveaux différents. On parle de Gestion du Personnel et de Gestion des Ressources, pourtant le personnel est une ressource ! D’autre part certaines fonctions comme la traçabilité peuvent être considérées comme des fonctions opératoires (la recherche de la généalogie d’un lot par exemple), et comme un service mis à disposition des autres fonctions (il faut tracer les prises et fin de poste du personnel). Un troisième écueil vient du fait que les fonctionnalités du MES ne sont pas à proprement parler nouvelles. Les industriels n’ont pas attendu le MES pour calculer le TRS de leurs machines. Du coup, si l’on fait du MES sans le savoir, les solutions de MES risquent de ne rien apporter de nouveau.
On en vient au second mot-clé du MES (Manufacturing Execution System). Le MES est un système, et la capacité d’interaction des différentes fonctions est une clé de son efficacité.
Le vrai rôle du MES est l’optimisation de l’outil de production, suivant le schéma Connaître, Analyser et Améliorer, étapes mettant chacune largement à profit les technologies informatiques mais nécessitant également chacune une expertise humaine.
Les clés de son succès seront évidemment des solutions matérielles adaptées, qu’il s’agisse d’architecture informatique et de réseau bien sûr mais également d’acquisition des données, d’interface opérateurs, car aucun bénéfice ne pourra résulter du traitement de données erronées, que les causes en soient matérielles ou humaines. Les solutions logicielles choisies devront également être mises en rapport avec les prérequis du MES : performance d’acquisition et de traitement, fiabilité, notion de système de fonctionnalités. La maîtrise de la mise en place par des compétences spécialisées d’intégration est également essentielle. Enfin l’adhérence à la norme S95 sera un atout certain tant dans la spécification du besoin que dans la mise en œuvre de l’application de MES.